jeudi 24 avril 2014

Les voleurs, épisode 2

Pour une fois, ce mot ne sera pas une description plus ou moins objective d'une action du Secours populaire de Montrouge, mais un billet d'humeur.

Lundi de Pâques, coup de fil : le camion a été vandalisé et cambriolé, pour la deuxième fois cette année (la première, c'était peu avant Noël).
Pour mémoire, toutes les possessions matérielles du Secours populaire de Montrouge se trouvent dans un camion tout pourri : vêtements donnés que nous revendons un prix symbolique (10-20 centimes) à nos bénéficiaires, et surtout la nourriture que nous collectons dans les supermarchés de Montrouge, une fois tous les deux mois.
Suite au cambriolage de camion en décembre, il était fermé par un gros cadenas. Nos vandales ont donc éclaté le cadenas, puis se sont attaqué aux portes au pied de biche. Incroyablement, les portes ont résisté (la rouille ?), donc les voleurs ont cassé les vitres des portes et ont pris tout ce qui était à portée de bras, une bonne partie du résultat de la collecte du 5 avril : les couches, le lait et les petits pots pour bébés, les produits d'hygiène, le thé, le café, les paquets de gâteaux... Les conserves étant lourdes, elles étaient au fond, donc elles sont sauves, pour la distribution de samedi, on a des pâtes, les denrées non périssables stockées à la fédération de Nanterre, des fruits grâce à un programme de la région, des légumes peut-être grâce à la gentillesse de l'AMAP de Montrouge, mais pour le reste... J'espère que les gens aiment la confiture de fraises, les lentilles et les pêches au sirop.

Vous pourriez vous dire qu'on le cherche, pour se faire cambrioler deux fois en 6 mois, que ce camion est voyant, en évidence. Ce camion est garé soit à Montrouge, soit à Arcueil, la commune voisine, dans la rue : nous n'avons pas plus de place de garage que nous n'avons un local de stockage. Il est déplacé souvent et n'est pas marqué au logo du secours pop pour ne pas attirer les attentions malveillantes. Parce que non, les associations d'aide ne sont pas des vaches sacrées pour les voleurs, au contraire, ils savent qu'ils peuvent trouver des aliments de base moins bien protégés que dans des magasins. Une bénévole des Restos du Coeur nous le disait : leur entrepôt est cambriolé souvent en fin d'année, aux environs de Noël, quand il y a le plus de réserves festives pour faire plaisir aux bénéficiaires. Dans notre camion, les voleurs ont du tomber sur les logos Secours Populaire au bout de 2 minutes, ça ne les a pas arrêté. Merci pour la solidarité avec les plus démunis.
Les collectes en supermarché sont de plus en plus difficiles : les clients sont très sollicités, ne peuvent pas donner à toutes les causes, certains s'en excusent presque. Pourtant des gens nous donnent une boîte de raviolis parce qu'il faut des protéines à tout le monde, d'autres nous laissent deux sacs pleins avec des produits coûteux comme des couches ou du lait maternisé, nous rencontrons de la générosité et les gens sont heureux de pouvoir aider leurs voisins inconnus. Ce don et cette joie des donateurs, les efforts des bénévoles qui se relaient (19 personnes ont participé le 5 avril), tout ça a été jeté par la fenêtre quand le produit de la collecte a été volé, c'est rageant.

Grâce à la mobilisations des acteurs locaux et de donateurs individuels (merci encore !), nous avons pu acheter un nouveau camion, que nous récupèrerons début mai : comment le mettre en sécurité ? On dépense 1100€ pour louer une place de parking sécurisée à l'année ? C'est le budget de notre journée annuelle à la mer, qui est la seule sortie de l'année hors de la région parisienne pour la plupart des 100 personnes qu'on emmène... On fait quoi, on remplace la mer par le parking ?

Voilà, ça fait du bien de l'écrire. On s'en sortira, d'une façon ou d'une autre, mais avec moins de confiance dans la nature humaine. 

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